Jura blanc, Languedoc rouge…et quelques guests

Un repas dégustation de haut niveau, quand une douzaine de contributeurs du Forum “La passion du vin”, plutôt à l’Ouest (de la Sarthe), décident de sortir en ville. Le restaurant La Fontaine aux Perles (Rennes) nous a accueilli et réalisé une prestation de haut niveau cuisine et service.

D’une bouteille par personne, minimum de cotisation aux agapes, le chiffre est monté car on n’est pas à l’abri (ni à l’ombre) d’un bouchon.
Tout est goûté à l’aveugle mais dévoilé au fur et à mesure pour pouvoir échanger sur l’étiquette.

Apéritif
 
Jacques Selosse, Champagne Grand Cru Extra Brut La Côte Faron
Robe dôrée légèrement tâchée, le Blanc de Noirs semble évident. Nez de grande classe, fruits exotiques, fleurs, écorces d’agrumes. Bouche marquée par l’oxydation noble, mais surtout tendre, profonde, saline…..et  longue. Il se réchauffe doucement dans le verre et devient magique. Wouah !

Domaine Labet, Côtes du Jura, Fleur de Marne La Bardette 2010
Le seul que je ne goûte pas à l’aveugle, d’ailleurs je l’aurais placé en Bourgogne autant pour le nez lacté, poire au four, que pour la bouche grasse et longue, très noble. Un grand Jura Chardonnay digne des Grands Crus d’en face.

Domaine Arletaz, Vin de France, Ressaca 2017( Grenache blanc et gris )

Je ne connaissais pas, c’était compliqué à situer quand on part sur une thématique Jura. Le vin possède de la tension malgré son origine, largement buvable mais plus court par rapport aux bombes avant et après.

Domaine de l’Enclos, Chablis 1er Cru, Vau de Vey 2017

Couleur jaune pâle limpide
Le nez est très intéressant, floral, zestes d’agrumes, une pureté parfaite et une belle promesse.
En bouche, attaque fluide puis équilibre sur une acidité modérée. L’arômatique reste sur la fraicheur mais j’ai eu l’impression que le vin ne décollait pas. Finale simple.

Ma conclusion : déception en voyant l’étiquette surtout pour la finale manquant de relief.

Entrées

Carpaccio de veau
Huitres en beignet

 
Domaine de la Tournelle, Arbois, Fleur de Savagnin 2016
Visuel un peu voilé, nez nature très puissant, cela sent le Domaine “nature”.
La bouche est superbe, crayeuse, longue….une superbe bouteille ! On en boirait sans même partager !

Domaine Macle, Côtes du Jura 2012  Délicat, floral, fin.
Domaine Macle, Côtes du Jura 2006   Puissant, gras, structuré.

Une différence énorme entre les deux millésimes, est ce le vieillissement qui donne du poids ou deux années au potentiel différent ? Je n’ai pas la réponse car je ne suis pas Juraphile 3ème Clavelin mention Perceur de Jaune.
En tout cas deux belles bouteilles dans le style non ouillé traditionnel.

Jean François Ganevat, Côtes du Jura, Les Chalasses Marnes Bleues, Savagnin, 2011
Dernier blanc, on se dit que le sommelier l’a placé là avec la certitude du professionnel passionné.
Et il a eu raison….grand vin à parfaite matûrité !
Une bouche puissante, huileuse portée par des parfums d’agrumes et d’herbes arômatiques.

Des entrées suffisamment copieuses pour goûter tous les vins en situation, une série magnifique, on se dit que les Languedoc rouges vont avoir un peu de mal !

Plat 
Caille (parfaite) sauce miso et petits légumes
Hélas pas de photos pour cause de sens occupés.

La Terrasse d’Elise, IGP Pays de l’Hérault, Les Hauts de Carol’s, 2014
Rouge rubis clair, vin gourmand au fruit épicé. Simple et gourmand (Bon je sais c’est cher mais je trouve ça quand même léger).

Alexandre Loigerot, Arbois, 2013 Poulsard
Couleur tuilé, le vin est fatigué. Le Trousseau du même millésime est en pleine forme. Dommage !

Domaine Vaïsse, Terrasses du Larzac, Galibaou du Russe 2013

Robe profonde, un nez “Que Syrah, Syrah” sanguin ! Il fait jeune, la bouche est austère et moyennement longue. Déjà 6 ans et assez peu évolué, je ne connais pas assez la cuvée pour savoir si on a une chance de le boire “prêt”.

Mas de la Seranne,Terrasses du Larzac, Antonin et Louis 2008
Très sombre, il exhale un nez animal, sur des fruits noirs compotés. Belle bouche savoureuse, un joli Languedoc prêt à boire.
Mas de la Seranne,Terrasses du Larzac, Bonaventura 2011
Euh là….Disons que c’est moins prêt ! Mais un vin au potentiel immense, nez complexe et bouche structurée sur le végétal noble. Grand vin.

Mas Jullien, Terrasses du Larzac 2011
Intéressant de le comparer au précédent. On est ici sur un vin d’austérité, au nez encore mûtique mais à la bouche étirée, longue et savoureuse. Exceptionnel dans quelques années.

Ermitage du Pic Saint Loup, Pic Saint Loup, Guilhem Gaucelm 2014
L’antithèse des deux précédents, ici tout déborde du verre avec joie et exhubérance. Un nez de poivre noble comme rarement perçu. Difficile de résister à ce vin dans la décennie à venir !

Domaine Jean Baptiste Sénat, Minervois, Le Bois des Merveilles 2007
Certains l’ont trouvé “trop”. Moi ça me convient, c’est réglissé, frais malgré tout. Mais je l’accorde la bouche est “structurée”….je l’ai fini à la maison, il ne s’est pas arrondi 😉

Mas Jullien, Côteaux du Languedoc 2004
Là on tient un grand vin, complexité d’un nez (sans démonstration) qui envoûte, bouche aux tanins fins et savoureux, netteté absolue.

Domaine Peyre Rose,  Côteaux du Languedoc, Clos des Cistes 1998
Ce qui m’épate à chaque fois ( je n’en ai jamais bu “pas au niveau” ), c’est la concentration des vins du Domaine. La bouche est marquée en longueur par la densité et les arômes de fruit ultramûr. Très grand vin pour moi.

Fromage : Excellent Beaufort d’été
 
Maison Pierre Overnoy, Arbois Pupillin, Savagnin  2004
Nez envoutant, unique, d’une finesse absolue (Soja, thé, épices ?) La bouche emporte tout par son élégance et sa dimension tactile. Rien à ajouter pour amplifier la légende.

Domaine Macle, Côtes du Jura, Chardonnay non ouillé 2014
Très bon, accord idéal avec le Beaufort. Le style Jurassien en plein et le sourire à celui qui le boit (sauf allergie au goût de Jaune!).

Dessert :
Domaine de l’Alliance, Sauternes 2015
 Un liquoreux equilibré, au joli fruit.

Donnafugata Passito di Pantelleria, Ben Ryé, 2011  
Une première pour moi, il y avait autour de la table semble t’il de férus-accros-addicts amateurs.
Je les rejoins volontiers car c’est un régal, les arômes de mandarine confite sont bluffants et la bouche d’une sucrosité puissante mais veloutée, miam et re-miam.

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